Pour ce premier voyage en Corée, on avait prévu de passer par Busan, mais Tara avait fait quelques recherches et proposé de faire un détour par Gyeongju pour y passer une nuit. On ne le savait pas encore, mais c’était vraiment une super idée.

À notre arrivée à la gare de Gyeongju, la pluie tombe fort. À peine sortis du train, on entre l’adresse de notre hôtel sur Maps pour s’y diriger, pensant qu’il est tout proche. Et là, grosse surprise ! L’hôtel est à plusieurs kilomètres de là ! Petit coup de seum, mais après une pause pipi et un passage à l’information, on est déjà dans le bus qui nous mène vers le centre de Gyeongju. Pendant le trajet, on découvre en cherchant un peu que la gare de Gyeongju a été déplacée. Le problème, c’est que Google Maps continue de la référencer à son ancien emplacement, ce qui a induit en erreur pas mal de voyageurs d’après les commentaires. Franchement, sur ce coup-là, on pouvait pas deviner.

On descend du bus et, après quelques pas et un virage bien caché dans une ruelle près d’un magnifique parc, on trouve enfin notre hôtel. Un jeune hôte nous y accueille chaleureusement et parle très bien anglais, ce qui rend l’arrivée d’autant plus agréable. C’est encore trop tôt pour le check-in, mais on le savait déjà, alors on décide de se poser un moment.

On en profite pour ouvrir quelques cartes Pokémon et savourer un délicieux café, généreusement offert par notre hôte qui gagne des points de charisme supplémentaires. On remarque rapidement la passion pour le café qui règne dans cet endroit. Une petite pause qui nous met de bonne humeur pour la suite de notre découverte de Gyeongju.

Avant de partir pour notre prochain point d’intérêt, on a envie de grignoter un petit quelque chose. Gyeongju est une petite ville, surtout en comparaison avec Séoul, mais j’ai repéré un restaurant de poulet frit bien noté, juste de l’autre côté de la route. On décide d’y faire un tour. Mais avant ça, petit détour par le 7-Eleven à l’angle pour acheter un deuxième parapluie. Ça nous éviterait de devoir partager en cas de pluie, et c’était finalement l’une des meilleures décisions de notre voyage.

Ce 7-Eleven était tenu par une petite mamie, et c’est le seul endroit de tout notre séjour où on ne s’est pas sentis les bienvenus. Contrairement au client local qui est entré juste après nous, la propriétaire ne nous a ni salués ni vraiment regardés. Elle n’a pas prononcé un seul mot en passant nos achats à la caisse, un moment un peu étrange dans un voyage qui avait été très chaleureux jusque-là.

Ressortis, nous traversons la route pour aller commander notre futur délicieux poulet. Nous entrons et l’endroit est vraiment un peu glauque, et on pourrait presque dire sale. Enfin, en tout cas en ce qui concerne la « salle à manger ». Le cuisinier et propriétaire, très souriant et hyper sympathique, nous explique que ce n’est que take-away aujourd’hui. Pas de problème pour nous. Je commande un peu au hasard un bucket qui donne envie. Et au moment de payer, mince, cash-only. Bon, je lui dis que je reviens dans 1 minute et on traverse la route dans l’autre sens pour revenir au 7-Eleven d’avant pour retirer un peu de cash. Revenu, payé, poulet prêt. On ressort avec notre bucket et on va le déguster à l’arrêt de bus juste là en attendant que notre navette arrive pour notre prochaine destination.

Korea #Gyeongju.1

Bulguksa Temple

Le Bulguksa Temple (불국사) est l’un des trésors les plus précieux de la Corée du Sud, situé à Gyeongju. Construit au 8e siècle sous la dynastie Silla, ce temple bouddhiste est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995, en reconnaissance de son importance historique et de son architecture remarquable. Le Bulguksa abrite plusieurs pagodes, pavillons, et ponts en pierre. Ces structures sont de véritables chefs-d’œuvre qui reflètent l’élégance et la complexité de l’art bouddhiste coréen.

Le temple est également un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes, qui viennent y méditer et admirer les paysages paisibles qui l’entourent. Niché au cœur des montagnes, le Bulguksa Temple offre une atmosphère sereine, parfaite pour se plonger dans la spiritualité coréenne tout en découvrant l’histoire fascinante de la dynastie Silla. Pour les visiteurs, c’est un lieu incontournable qui allie beauté naturelle et héritage culturel.

On prend le bus pour un bon trajet qui nous mène jusqu’au Bulguksa Temple, un peu à l’écart du centre de Gyeongju. À notre arrivée, on sort du bus et entamons notre marche vers l’enceinte du temple. Le chemin est assez raide, entouré d’arbres, et on traverse carrément une petite forêt avant d’arriver aux portes du temple. Plus on s’approche, plus on croise de visiteurs, essentiellement des Coréens.

L’excitation monte à l’idée de découvrir un lieu aussi magnifique que mystique. Beaucoup de couples se promènent ici, tandis que nous faisons nos premiers pas sous la pluie qui redouble. Nos parapluies sont de sortie, et le sol en terre devient glissant sous nos pieds. Malgré la pluie, on savoure le moment et on prend plaisir à capturer des photos de cet endroit unique.

À notre grande surprise, l’entrée est gratuite. On se demande si c’est en raison de la pluie, car le lieu est vraiment splendide. Partout autour de nous, des vœux suspendus et des temples toujours en activité. Ici, il ne faut pas faire de bruit ni parler trop fort, pour respecter la sérénité du lieu.

Juste devant l’entrée d’un des temples, un Anglais complimente Tara sur son appareil photo. Mais très vite, un membre du personnel lui demande de baisser la voix, et l’interaction s’interrompt presque aussitôt.

Après avoir bien exploré et photographié toute l’enceinte du Bulguksa, on revient sur nos pas pour redescendre la colline, traverser la petite forêt et nous poser dans un café juste à côté. Encore un magnifique café, très fancy, où l’on trouve une sorte de petite rivière intérieure, alimentée par deux immenses sphères remplies d’eau au plafond. C’est un endroit parfait pour se réchauffer et se détendre, loin de la pluie, avec une boisson qui nous redonne de l’énergie avant de repartir.

En attendant le bus pour le retour, on remarque une Coréenne qui semble hésiter, changeant d’arrêt après quelques minutes pour se rendre à celui en face. Un vrai coup de chance, car après vérification, il s’avère qu’il valait effectivement mieux prendre le bus de l’autre côté.

On descend du bus, mais ce n’est pas le même arrêt que celui où nous étions montés. On se retrouve dans un coin un peu perdu, avec quelques maisons éparses, de petites boutiques locales, et de rares restaurants. Le long de la route, on aperçoit des tas de tuiles sur un chantier inachevé, puis plus loin, un scooter à l’abandon dans une cour intérieure, entouré de quelques babioles laissées là. Après une bonne dizaine de minutes de marche, on arrive enfin au grand croisement près de notre hôtel.

On traverse pour faire un rapide passage à l’hôtel, histoire de mettre des vêtements plus secs. On se change et ressort aussitôt. Initialement, on pensait manger avant de continuer nos visites, mais comme la journée est déjà bien avancée et que certains sites ferment en fin d’après-midi, on décide de prioriser les visites. Le repas attendra.

Direction donc notre première destination de la soirée.

Korea #Gyeongju.2

Les tombes-collines royales de Daereungwon

Le Daereungwon Tomb Complex (대릉원) est l’un des sites les plus fascinants de Gyeongju, l’ancienne capitale de la dynastie Silla. Ce complexe abrite une quarantaine de tombes royales et aristocratiques, datant des 4e à 6e siècles, qui se distinguent par leur forme unique de tumuli — de grandes collines herbeuses sous lesquelles reposent les rois et les nobles de Silla. Les tumuli ressemblent à des monticules verdoyants et donnent au paysage un aspect à la fois mystérieux et paisible.

Ce site est un lieu de promenade incontournable pour découvrir le patrimoine de la Corée, tout en profitant de l’atmosphère sereine et de la beauté des lieux. Les collines arrondies, entourées de jardins bien entretenus, forment un contraste unique avec le ciel et les montagnes environnantes.

Nous longeons la longue barrière qui sépare la rue du fameux complexe de tombes-collines jusqu’à trouver une entrée. On passe la grande porte avec un peu d’hésitation, car des panneaux indiquent des tarifs pour l’entrée. Un vieux monsieur, installé dans la petite maisonnette d’accueil, se lève et vient nous dire que l’entrée est gratuite et que nous pouvons continuer notre chemin sans problème. On le remercie et on entame notre balade dans ce lieu si particulier.

L’atmosphère est étrange et mystérieuse : la nuit tombe doucement, et nous nous retrouvons entourés de hautes collines verdoyantes à la pelouse parfaitement entretenue, entre lesquelles serpente un chemin pavé. Ces collines sont en réalité des tombes, certaines si anciennes que l’on ne sait plus vraiment qui y est enterré.

Nous continuons notre promenade et arrivons devant l’une des tombes les plus célèbres, celle du Roi Michu. Il faut franchir quelques portes pour accéder à un chemin unique qui permet de s’approcher de cette colline, encore plus haute que les autres. Dans la lumière déclinante, elle nous apparaît comme un géant endormi.

Tout au long de notre balade, on se protège de la pluie avec nos parapluies et on prend de nombreuses photos pour notre projet. Lorsque Tara se place pour capturer un cliché, je m’approche pour tenir les deux parapluies, protégeant à la fois l’appareil et nous. Après quelques sessions, je commence à prendre le coup de main.

Un peu plus loin, nous arrivons à ce qui est probablement le point le plus photogénique du complexe, la fameuse « photo zone ». C’est un long chemin bordé de deux collines parfaitement symétriques, qui mène à un petit espace parsemé de quelques arbres isolés, derrière lesquels se dressent deux immenses tombes-collines. L’endroit est vraiment magnifique, même sous la pluie.

Nous terminons notre balade, bien mouillés après nos séances photo sous la pluie. Malgré tout, on garde le sourire, satisfaits des images qu’on a pu capturer. On se dirige ensuite vers l’arrêt de bus le plus proche, prêts à rejoindre notre prochaine destination de visite.

Korea #Gyeongju.3

Donggung Palace et son Wolji Pond

Le Donggung Palace (동궁) et le Wolji Pond (월지, anciennement appelé Anapji) forment un site historique emblématique de Gyeongju, ancienne capitale du royaume de Silla. Construit au 7e siècle, le Donggung Palace servait de résidence secondaire pour les princes héritiers et de lieu de réception pour les hôtes royaux. Situé à côté du palais, le Wolji Pond, littéralement « l’étang de la lune », a été conçu pour embellir le cadre de ce complexe, créant un paysage harmonieux entre nature et architecture.

Le site est particulièrement célèbre pour sa beauté nocturne : lorsque la nuit tombe, les pavillons du palais et les reflets des lumières dans l’eau donnent à l’étang une atmosphère magique et féerique. Redécouvert et restauré dans les années 1970, le Wolji Pond est devenu un incontournable pour les visiteurs de Gyeongju, qui viennent admirer ce lieu historique et son cadre poétique, tout en profitant de l’ambiance paisible qui y règne.

Après un trajet de bus, et après avoir dépassé les grandes lettres illuminées de Gyeongju, nous arrivons sur place. Il pleut encore un peu, mais nos parapluies font bien leur travail.

Nous traversons la route pour entrer dans l’enceinte du site, qui dégage déjà une atmosphère que j’adore. Les lumières dorées et les façades jaunes des bâtiments brillent dans la nuit, créant une ambiance presque magique. À l’entrée, une petite dame d’un certain âge nous indique que les tickets doivent être pris un peu plus loin. Il y a des machines automatiques pour cela, mais elles ne sont pas accessibles directement : ce sont des petites dames qui s’occupent de les manipuler pour nous.

Une fois les billets en poche, nous entrons. Il y a un peu de monde, mais probablement bien moins que s’il avait fait beau. En vérité, ça me convient plutôt bien : cela nous laisse plus de liberté pour capturer quelques superbes clichés pour notre projet photo. On avance lentement vers les premiers bâtiments.

Sur place, on croise de nombreux couples qui se promènent tranquillement, se prenant en photo tour à tour. Les photos que je vois sur leurs écrans de smartphone ne sont pas forcément impressionnantes, mais l’endroit reste idéal pour des souvenirs.

Les bâtisses sont éclairées par le bas, et leurs reflets se dessinent dans les eaux calmes du grand étang artificiel en contrebas. La nature s’intègre parfaitement au site, avec de grands arbres qui entourent le parc, créant des ombres épaisses dans la nuit.

Nous continuons notre visite, profitant de la beauté du lieu tout en prenant des photos. Pendant que Tara s’applique à capturer les détails, je m’occupe de tenir les deux parapluies pour la protéger, elle, mais surtout son appareil photo et ses objectifs coûteux.

Observation : Depuis le début de notre voyage, j’ai remarqué que lorsque Tara prend le temps de faire une photo, les gens s’arrêtent souvent pour prendre la même, au même angle. C’est même le cas quand elle choisit des angles très précis ou complètement loufoques. Je me demande si ce phénomène a un nom… L’influence des photographes bien équipés, peut-être ?

Je recommande très fortement cet endroit. J’ai vu des photos prises en journée, mais c’est de nuit que le site révèle toute sa beauté. Je n’ai pas regretté d’y être allé après la tombée de la nuit, l’ambiance était vraiment magique.

Retour en taxi

Après avoir longuement profité des lieux et de cette atmosphère unique, entre la nuit et la pluie, nous décidons de retourner vers l’hôtel. On sort du complexe après avoir terminé la boucle et repassons devant les caisses. On en profite pour demander aux petites dames s’il est possible de recharger nos cartes Tmoney, car nos crédits sont bas. Mais elles ne semblent pas comprendre notre demande et nous font simplement comprendre que ce n’est pas possible ici.

On se dirige donc vers l’arrêt de bus, mais c’est encore une fois la galère pour comprendre les horaires et les directions. On décide de tenter notre chance en appelant un Uber. Après deux essais sans succès, la requête reste non acceptée. À ce moment-là, je suggère à Tara de mettre une photo de profil sur son compte Uber, car cela inspire confiance et pourrait améliorer le taux d’acceptation des demandes.

Un peu fatigués et prêts à attendre le prochain bus, Tara trouve finalement l’énergie de faire signe à un taxi qui s’est arrêté un peu plus loin. Il nous indique qu’il est libre. Après quelques échanges et en lui montrant l’adresse sur nos téléphones, il comprend où nous voulons aller, et c’est parti pour un court trajet de moins de 10 minutes.

Quête de nourriture

À notre arrivée, nous marchons directement vers la rue la plus connue de Gyeongju pour ses restaurants. En chemin, on tente notre chance dans un établissement qui nous donne envie. Mais en y entrant pour demander si c’est ouvert, le jeune homme assis là, plongé dans son livre, nous fait comprendre que c’est fermé en croisant ses bras en X. Pas de chance, on continue notre chemin avec en tête un izakaya très bien noté au bout de la rue.

On marche encore un moment, appréciant la diversité des restaurants et bars qui bordent la rue. Parmi eux, un stand particulier attire notre attention : un robot qui prépare les boissons et les cafés. Mais le stand a l’air un peu mal entretenu, et on hésite à tenter l’expérience.

La rue est calme, et c’est super agréable de s’y promener. Arrivés à l’izakaya, le jeune serveur nous informe que l’endroit est plein. Il essaie de nous expliquer quelque chose en nous montrant un écran. Après un petit moment, on comprend qu’il y a déjà 7 équipes en attente et qu’on peut s’inscrire sur la liste. Mais l’idée d’attendre ne nous enchante pas trop.

Un peu déçus par cet échec, et prêts à rentrer sans manger car la fatigue se fait sentir, on passe par un 7-Eleven et décidons de marcher vers l’hôtel. En chemin, on emprunte une petite rue cachée qui mène à une zone souterraine. Et là, surprise : on découvre un monde caché, grouillant de vie, dont on n’aurait jamais soupçonné l’existence.

Korea #Gyeongju.4

En plein cœur de la jeunesse coréenne

Nous nous sommes retrouvés par hasard dans une petite zone souterraine de Gyeongju, remplie de bars et de restaurants. L’endroit était vivant et animé, loin de la tranquillité des rues que nous venions de quitter. Des dizaines et des dizaines de jeunes Coréens se retrouvaient là, socialisant et partageant des moments ensemble autour de tables, le verre de soju à la main. L’ambiance était conviviale et détendue, et beaucoup accompagnaient leur boisson de petits plats typiques. C’était comme un monde caché, vibrant de vie, et une belle surprise dans notre soirée.

On fait quelques pas dans ce monde caché, grouillant de vie. On repère un endroit qui nous tente pour manger, et on trouve notre bonheur : un petit restaurant tenu par une équipe de jeunes. L’entrée et tout le bar donnent directement sur la petite rue souterraine animée. Dès qu’on entre, la jeune femme qui nous accueille envoie son collègue, celui qui parle bien anglais, nous prendre en charge. Grand, musclé, beau gosse, il nous met tout de suite à l’aise et nous tend la carte pour choisir nos plats.

L’ambiance est bruyante, les gens parlent fort, rient, et parfois crient même. À la table à côté, deux filles hyper classe savourent leur hot pot. On se décide à prendre la même chose, accompagné d’une bouteille de soju doux. On déguste notre repas lentement, profitant de la fin de soirée et de cette atmosphère si particulière.

Avant de payer, je remarque un truc étrange à la table du fond : deux jeunes gars qui n’ont fait que se lever toutes les dix minutes pour aller fumer devant l’entrée sont partis sans toucher à leurs plats. Un peu bizarre. Quand les deux serveurs viennent débarrasser, je vois à leurs visages qu’ils trouvent ça tout aussi étrange. Je repère aussi deux gars qui font des allers-retours dans la ruelle devant nous, dont un visiblement bien éméché. Nos regards se croisent, et je le vois coller sa tête contre la vitre de la porte, juste à côté de nous. Moment cringe. Je tourne la tête.

On finit par payer et remercier le serveur après une courte discussion. Il nous demande d’où nous venons, et on échange quelques mots avant de repartir. Fatigués par cette journée bien remplie, on rentre à pied à l’hôtel, impatients de profiter de notre chambre et de sa baignoire traditionnelle.

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