Après avoir fait notre checkout, tout est en ordre. On demande à laisser nos sacs à l’hôtel, et un sympathique réceptionniste nous indique un endroit sûr, en nous conseillant de les prendre en photo pour les retrouver facilement plus tard. Avant de partir pour notre prochaine aventure, l’envie d’un bon café se fait sentir.
J’avais repéré un petit café cosy à quelques rues de l’hôtel, et nous nous y rendons tranquillement à pied. L’endroit est charmant et cosy. Pour commander, on scanne un QR code et choisit nos options, que l’on valide ensuite à la caisse. On opte pour deux cafés parfumés et deux fluffy pancakes : un au matcha et l’autre au chocolat. Une fois le petit bipeur activé, je vais chercher nos assiettes, qui sont présentées de façon magnifique. Nous dégustons, entourés de locaux, dont un jeune homme qui a apparemment commencé sa journée de travail en remote.
Depuis Taipei, un bus nous mènera à Jiufen, le célèbre village de montagne qui aurait inspiré Le Voyage de Chihiro. Nous repassons d’abord à l’hôtel pour récupérer nos sacs et passer une dernière fois aux toilettes. Le réceptionniste nous guide vers un ascenseur discret qui descend directement dans le lounge, stylé !
Sacs sur le dos, nous reprenons la route, en saluant une dernière fois les réceptionnistes qui ont été adorables avec nous. Le trajet de bus est sans histoire, mis à part une légère frayeur lorsque je crois avoir perdu mon téléphone, avant de réaliser qu’il avait glissé entre mon siège et la paroi du bus.
En arrivant, je consulte Maps, mais nous réalisons que nous avons raté notre arrêt. Pas de souci, nous descendons au suivant et rebroussons chemin en empruntant un sentier piéton surplombant la route. Le cadre est déjà dépaysant et plein de charme.
Nous arrivons à Jiufen, village pittoresque niché dans la montagne, avec ses chemins pentus et ses escaliers serpentant entre de petites maisons à l’architecture locale. Google Maps semble bien connaître les chemins tortueux, et nous montons les premières marches, tournons à gauche, puis à droite, en passant devant une petite rivière dont les chutes d’eau ajoutent une ambiance paisible. Après quelques hésitations, je reconnais enfin notre maison d’accueil grâce au PDF d’indications.
Pour entrer, nous empruntons une passerelle qui relie la petite route à la terrasse de la maison. Dans la salle d’accueil, une personne nettoie du linge, mais ce n’est pas notre hôte. J’envoie un message sur WhatsApp pour signaler notre arrivée, et deux minutes plus tard, un jeune homme souriant nous accueille et nous confie les clés.
Notre chambre se trouve en contrebas, accessible par un escalier. En descendant, nous traversons une salle intermédiaire spacieuse, au milieu de laquelle trône un banc de designer offrant une vue sur une grande peinture. L’endroit respire l’art et le design, et on sent que le gérant a un goût prononcé pour l’esthétique ; il collabore d’ailleurs avec un art café juste en face.
La chambre est superbe, comme sur les photos, avec une vue imprenable sur les collines environnantes et les premières maisons de Jiufen perchées un peu plus haut. La baignoire près des fenêtres nous avait convaincus de choisir cette chambre. Près de la porte, un espace surélevé avec tatamis est décoré avec soin, et un carnet de notes invite les visiteurs à laisser leurs impressions. Un magnifique dessin de la vue, signé par une voyageuse espagnole, s’y trouve.
Après une petite pause pour se rafraîchir, nous partons explorer la Old Street de Jiufen, avec un objectif en tête : déguster les célèbres nouilles au bœuf de Taïwan.
En empruntant un escalier près de l’hôtel, nous atteignons la Old Street. Dès nos premiers pas, nous sommes transportés dans une ambiance presque mystique, difficile à décrire tant elle est unique et poétique. L’atmosphère nous enveloppe, et nous ressentons une claque émotionnelle, l’une des plus belles du voyage.
Taiwan #Jiufen.1
Jiufen, le village aux 1000 lanternes
Nichée dans les montagnes du nord-est de Taïwan, Jiufen est un village pittoresque réputé pour ses ruelles sinueuses, ses lanternes rouges et son ambiance unique, souvent comparée aux scènes du film d’animation Le Voyage de Chihiro. Autrefois prospère grâce à l’exploitation minière de l’or durant l’occupation japonaise, Jiufen a gardé de cette époque son architecture traditionnelle et son atmosphère nostalgique. Les visiteurs déambulent dans ses ruelles étroites, bordées de maisons de thé, de boutiques artisanales et de stands de street food locale. Le soir, les lanternes illuminent les rues, accentuant le charme mystique du village. Jiufen est aussi réputée pour ses vues à couper le souffle sur l’océan Pacifique et ses paysages montagneux, offrant un mélange parfait entre culture, histoire et nature.
Avant de sortir, nous avions repéré un petit restaurant de nouilles très bien noté. Après avoir apparemment passé devant plusieurs fois et même tourné autour en cherchant une entrée cachée, nous réalisons finalement qu’il est fermé. Pas grave, on décide de monter jusqu’au bout de la rue, là où le village s’ouvre sur un large virage. De là, nous avons une vue imprenable sur les pentes de la montagne, la mer au loin, et, bien sûr, un 7-Eleven dans lequel on fait un petit détour.
Revenant sur nos pas pour trouver un endroit où manger, notre choix se porte sur un petit restaurant de beef noodles niché dans un escalier qui monte perpendiculairement à la rue principale. Nous entrons, et on nous assigne une petite table dans le fond, dans ce lieu intime qui ne compte que six ou sept tables.
Nous y dégustons ce qui deviendra le meilleur bol de beef noodles du voyage. La cuisinière, qui nous a accueillis avec un grand sourire, délègue les plats à un petit monsieur semblant présenter un handicap mental, qui assure le service avec sérieux.
J’opte pour le bol signature, avec la totale : tripes, cartilages, et de tendres morceaux de bœuf moelleux. Un délice dans un cadre simple et authentique.
Les beef noodles (nouilles au bœuf) sont l’un des plats les plus emblématiques et appréciés de Taïwan. Ce plat consistant se compose de morceaux de bœuf mijotés longuement dans un bouillon parfumé, accompagné de nouilles épaisses et de légumes marinés. Les saveurs complexes et réconfortantes du bouillon – souvent relevé de soja, d’anis étoilé, de gingembre et d’ail – varient selon les régions et les établissements, chaque chef ayant sa propre recette secrète. On peut y trouver des variantes incluant tripes, tendons, et même moelle, pour une expérience encore plus authentique. Les beef noodles sont souvent préparés avec des morceaux de bœuf particulièrement tendres, voire gélatineux, offrant une texture fondante et réconfortante. Un concours annuel à Taïwan élit même le meilleur beef noodle de l’année, soulignant l’importance de ce plat dans la culture culinaire taïwanaise.
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Jiufen Tea House – Les arts du thé et de la poterie
La Jiufen Tea House est l’un des établissements les plus emblématiques de Jiufen, offrant une expérience immersive dans l’art taïwanais du thé. Située dans une maison centenaire en bois, magnifiquement préservée et ornée de lanternes traditionnelles, cette maison de thé combine avec élégance une atmosphère chaleureuse et un décor raffiné. Outre sa fonction de salon de thé, l’établissement fait également office de galerie d’art dédiée à la poterie : les ensembles de thé, conçus et façonnés par le propriétaire, un potier renommé, reflètent son savoir-faire et son attachement aux traditions. La dégustation y est accompagnée d’une cérémonie qui met en avant l’art et la patience nécessaires pour préparer le thé à la manière traditionnelle taïwanaise. Ce lieu invite les visiteurs à prendre le temps, à savourer chaque tasse, et à s’immerger dans un cadre mystique et apaisant, propice à la contemplation.
Après notre repas, nous savons exactement où nous voulons aller : un grand salon de thé situé dans un bâtiment centenaire, certainement le plus beau de la rue principale. Entièrement en bois et décoré avec soin, il dégage une atmosphère à la fois raffinée et chaleureuse, renforcée par la lumière des lanternes. Ce salon de thé, en plus d’offrir un choix impressionnant de thés, est également une galerie d’art en poterie. Le propriétaire est lui-même potier et crée tous les ensembles de thé utilisés sur place.
Après avoir exploré le lieu, une jeune femme souriante nous invite à passer dans la section réservée à la dégustation. Elle nous propose un magnifique spot : un ancien lit centenaire réaménagé en table basse, entouré de coussins. Nous enlevons nos chaussures, nous installons en tailleur, et elle nous explique la carte – un tarif de base pour le service, un thé de notre choix, et des petites pâtisseries en accompagnement.
Nous demandons conseil pour un thé au goût à la fois prononcé et doux. Quelques minutes plus tard, notre plateau arrive, et la jeune femme effectue une petite cérémonie pour nous montrer la préparation. Elle prend une cuillère spéciale pour verser le thé dans un premier récipient, qu’elle réchauffe d’abord avec de l’eau chaude. Ensuite, elle verse une première eau sur le thé pour “l’ouvrir” – ce thé est ensuite jeté. Elle remet de l’eau, cette fois pour l’infusion, et nous explique de laisser poser 40 secondes pour la première tasse. À chaque nouvelle infusion, elle recommande d’ajouter 5 secondes supplémentaires. Elle nous montre aussi la technique pour verser sans se brûler, en utilisant trois doigts pour tenir la tasse.
Le moment est d’une sérénité rare, et nous en profitons pour prendre quelques photos. Le cadre, presque mystique, nous transporte ; c’est un moment de pure détente.
La jeune femme revient gentiment nous prévenir qu’ils ferment dans vingt minutes, à 20h, et elle nous invite à régler pour que nous puissions profiter des dernières minutes en paix.
Nous ressortons et reprenons notre balade le long de la Old Street jusqu’au sommet du village. À cette heure, il reste bien moins de touristes, et l’ambiance devient encore plus magique. Au bout de la rue, nous entrons dans une grande boutique de souvenirs, où nous repérons quelques bonnes idées de cadeaux.
La rue est maintenant déserte, la foule s’est évanouie. En descendant, nous croisons seulement quelques tenanciers fermant leur stand et quelques chats qui se promènent. Nous en profitons pour prendre photos et vidéos, presque seuls dans cette atmosphère si spéciale. Soudain, les guirlandes s’éteignent, signalant l’heure de rentrer.
De retour dans notre chambre, nous faisons couler un bain et lançons le début du Voyage de Chihiro avant de nous endormir, rêvant de ce lieu enchanteur.

